Exit !
Publié le 31 mars 2006 à 15:25
ls étaient un million selon la police, le triple selon les organisateurs. Tous contre le CPE ? Pas sûr … Tous contre Villepin, tous contre une méthode, tous contre la Société, ses carcans, ses dangers,
ses incertitudes.
Isolé. Lâché. Par le peuple, bientôt par ses rares « amis » …
… le Premier ministre s’arcboute toujours sur des positions qui ne méritent plus aucun commentaire. Seul le mépris, désormais, peut lui être réservé. Au même titre qu’il a méprisé celles et ceux qui ont une légitimité, en tant qu’élus, plus grande que la sienne, n’ayant jamais brigué de mandat, ayant toujours été « nommé ».
Il n’existe, désormais, plus que deux solutions :
- soit le Premier ministre remet sa démission au Président de la République,
- soit le Président lui-même, ayant officiellement soutenu cette option
« sociale », écourte son quinquennat, une hypothèse qui d’ailleurs alimente copieusement la rumeur politicienne du microcosme parisien.
Mais, dans un cas comme dans l’autre : exit !
Prenons la première option, celle qui reviendrait à former un nouveau gouvernement à un an de l’échéance présidentielle. Nicolas Sarkozy n’acceptera jamais de devenir le « fusible » d’un chiraquisme en déshérence. Et les autres, tous les autres, ont les doigts et les mains trop fragiles pour supporter l’hyperthermie de la « patate chaude » que leur laisserait leur prédécesseur. Option possible mais ô combien difficile …
Considérons maintenant la seconde hypothèse, celle où le chef de l’Etat, désavoué par une base qui n’a plus de couleur politique, déciderait de rompre son bail avant l’heure à l’Elysée. C’est certes un peu fou, voire loufoque, mais c’est envisageable, plutôt que de dissoudre une Assemble qui serait laminée par un vote protestataire pour le moins musclé. Ce cas d’école – si l’on peut dire – présenterait deux avantages décisifs pour la majorité actuelle : le premier c’est de prendre de vitesse une opposition encore en panne d’idées et de programme, le second d’offrir au ministre de l’Intérieur l’opportunité unique et non reproductible d’accéder au pouvoir, faisant ainsi barrage aux extrêmes et en particulier au lepénisme qui prospère au galop dans l’inconscient collectif.
Nicolas Sarkozy n’a cessé, au fil des mois écoulés, de dire et répéter qu’il faudrait, en 2007, se placer dans un schéma de rupture d’avec les pratiques qui ont échoué depuis plus d’un quart de siècle.
Il en a la volonté mais en a-t’il les moyens ? C’est ce qu’une campagne anticipée nous permettrait d’apprécier.
Le peuple de France n’acceptera la rupture, telle qu’elle est voulue par le candidat Sarkozy, qu’à la condition que soient remis à plat nombre de principes, de textes, de règles, de lois et autres décrets dont la lisibilité est nulle et le caractère opérationnel antinomique d’une démocratie moderne.
L’expérience allemande en cours, qui a conduit à la formation d’une grande coalition nationale, le schéma potentiellement identique en Israël au lendemain d’élections législatives qui, sans Ariel Sharon, ne permettront pas de dégager de majorité claire, constituent d’excellents exemples sur lesquels devrait s’appuyer le président de l’UMP qui ne pourra pas compter que sur ses seuls soutiens au sein de l’UMP et plus largement de l’actuelle majorité parlementaire.
Notre avenir, notre devenir, se jouera dans les prochaines semaines, sans doute. Et celles et ceux qui seront capables de remiser au placard leurs ambitions personnelles pour servir l’intérêt supérieur du pays, sur l’ensemble du spectre politique national, contribueraient à rassembler, ressouder, mettre en cohérence aspirations et réalité.