Le FN déstabilisé après sa chute spectaculaire
Publié le 23 avril 2007 à 17:33
Le Front National se retrouve déstabilisé au lendemain du premier tour, qui a vu la captation par Nicolas Sarkozy d'une partie importante de son électorat et la perte d'un million de voix pour Jean-Marie Le Pen.
Les dirigeants frontistes étaient réunis lundi au siège du parti à Saint-Cloud pour faire le point sur une situation complètement inattendue, cinq ans après la sensation causée par l'accession de M. Le Pen au second tour.
Le dirigeant frontiste a prévu d'annoncer sa position pour le second tour mardi 1er mai, lors du traditionnel défilé mai du FN à Paris.
Lundi matin, la directrice stratégique de la campagne présidentielle de M. Le Pen, se bornant à tenter de rappeler les électeurs FN au bercail pour les législatives de juin: "Pour forcer Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses, il faut voter FN aux législatives".
De son côté, le numéro 2 du FN Bruno Gollnisch a adopté une position ostensiblement ouverte sur le second tour.
"Il faut voir en fonction de l'attitude des deux candidats", a-t-il déclaré tout en précisant s'exprimer en son "nom personnel".
Gollnisch a en effet estimé que, sur certains points au moins, Mme Royal était "moins pire" que M. Sarkozy.
Ainsi veut-elle faire ratifier un éventuel nouveau traité européen remplaçant la défunte Constitution européenne par référendum, et non par un vote du Parlement, comme le prévoit, pour l’instant, M. Nicolas Sarkozy.
La désillusion de 2007 risque d'entraîner des règlements de compte au sein du FN, réveillant notamment la vieille hostilité d'une partie de l'appareil face à l'ascension de Marine Le Pen.
Jean-Marie Le Pen a recueilli dimanche 3,8 millions de suffrages (10,44%), soit un million de voix de moins qu'au premier tour de 2002 (4,8 millions de voix, 16,8%).
En pourcentage, il est revenu au niveau des élections européennes de 1984 (10,9%), qui avaient marqué le début de son ascension politique.
En nombre de voix, il est en deçà du score obtenu lors de l'élection présidentielle de 1988 (4,37 millions de suffrages au premier tour, 14,4%).
Selon les instituts de sondage, de 21 à 29% des électeurs de Jean-Marie Le Pen en 2002 auraient cette fois-ci voté pour Nicolas Sarkozy. Et de 5 à 9% auraient choisi M. Bayrou et 4% Philippe de Villiers