5 jeunes docteurs de l’Université Pierre et Marie Curie à l’origine d’une découverte sur le sevrage tabagique

Par Bernard M.
Publié le 30 janvier 2009 à 08:54

Sevrage tabagique : quelle efficacité pour les substituts nicotiniques ? La nicotine est généralement
considérée comme le principal composant responsable des propriétés addictives du tabac.

Et

pourtant, cinq jeunes docteurs de l’UPMC, sous la direction du Docteur Jean-Pol Tassin, Directeur de

recherche à l’Inserm, viennent de prouver que la nicotine seule ne suffit pas à déclencher de

dépendance chez la souris. D’autres composés du tabac, les inhibiteurs de monoamine oxydase

(ou IMAO), s’avèrent indispensables pour en révéler le pouvoir addictif. « En fait, nous avons montré

qu’un récepteur (le récepteur 5-HT1A) protége l’animal des effets de la nicotine et que les IMAO

permettent de lever cette protection » expliquent Christophe Lanteri et Sandra Hernandez.

« 80% des utilisateurs de patchs à la nicotine recommencent à fumer ». Cette découverte pourrait

expliquer pourquoi les substituts à la nicotine, utilisés dans le sevrage tabagique, sont inefficaces à

long terme. Chez les candidats à l’arrêt du tabac, les chewing-gums et les patchs sont efficaces au

début du traitement, tant que les effets des IMAO persistent. Mais, au bout de quelques semaines

de sevrage, le récepteur 5-HT1A redevient fonctionnel et la nicotine seule ne suffit plus combler le

manque chez le patient. « On peut espérer que ces nouveaux résultats permettront l’élaboration de

traitements plus efficaces » affirment les deux chercheurs. Ce travail a été réalisé au sein d’une

équipe de recherche du CNRS au Collège de France en collaboration avec une équipe du centre

de recherche Saint-Antoine (INSERM/UPMC).



Cette découverte est publiée dans le Journal of Neurosciences