Aucun amour propre !
Publié le 25 avril 2007 à 16:57
Madame Royal, comme tout un chacun, a ses qualités et ses défauts. Au rang de ces derniers figure en tête l’absence totale d’amour propre. Elle veut gagner. Soit. Elle veut rassembler. On ne peut le lui reprocher. Elle veut ratisser large en faisant en grand écart. Là elle prête déjà le flanc à la critique, reléguant ainsi aux oubliettes les fondements même de son Pacte présidentiel, œuvre collective des cadres du parti.
Mais le plus grave est cette propension à oublier aujourd’hui ce qu’elle déclarait hier. Rappelez-vous ! « M. Bayrou est et a toujours été un homme de droite, il est notre adversaire et n’a pas de programme ». Dont acte. Mais alors à quoi bon lui consacrer tant de temps et ramper entre deux danses du ventre ?
« M. Bayrou est un homme d’appareil qui, comme Nicolas Sarkozy, a été ministre de M. Chirac dont le bilan est un échec ». Ce jugement à l’emporte-pièce n’a comme seul avantage que d’éloigner définitivement celui que l’on veut racoler le lendemain !
« Je suis contre les alliances et les manœuvres derrière le dos des électeurs ; je ne conclurai donc aucun accord avec qui que ce soit ». Cette position honorable il y a 10 jours à peine est passée à la trappe. L’heure est à la comptabilité des voix potentielles qui, à gauche, ne sont guère suffisantes. Pour gagner des suffrages, tout est bon ! Jusqu’à ce que M. Peyrelevade, patron de gauche, juge les avances de Royal à Bayrou « inconvenantes ». Parce qu’il est poli et nous a habitués aux mots choisis …
Vous l’aurez compris, Madame Royal confond les élections présidentielles avec les législatives, avec les municipales, des scrutins plus locaux où la fusion des listes est moins choquante. Elle se trompe de République. Elle nous apporte là la démonstration de son manque d’épaisseur et surtout … son absence totale d’amour propre.