Riches avec nos impôts !

Par Bernard M.
Publié le 18 janvier 2007 à 00:01

Elle, candidate à la présidence et lui, Premier secrétaire du PS, seraient redevables de l’ISF. Et plutôt que de prendre les devants en faisant l’inventaire public de leur patrimoine, le couple « gauche caviar » s’est fait rattraper par les médias et leurs adversaires politiques.

Le montage juridico-financier du couple Hollande – Royal paraît, finalement, beaucoup plus recherché et optimisé que l’échappée très médiatisée à Gstaad du plus populaire des chanteurs de l’Hexagone.



A coups de société civile immobilière (SCI), de viager (déjà en 1986 ils pariaient sur le départ anticipé, les « pieds devants », de leur crédirentier), d’acquisitions immobilières avec un financement à crédit « in fine », le couple présidentiable s’est constitué un patrimoine dont la valeur calculée sur les bases du marché actuel dépasse largement, nettement, le seuil de l’assiette de l’ISF.



Il est trop facile de ne retenir que la valeur de parts de SCI, de ne calculer que le capital versé et faire abstraction de celui restant du, de ne valoriser un bien que sur le fondement de son coût d’acquisition surtout lorsque celui-ci est un bouquet associé à une rente viagère.



Il est trop tard pour faire machine arrière : la SCI et les avoirs de toutes sortes, gagnés par le couple à la sueur de leur front au service de l’Etat et des collectivités locales – donc une fortune patiemment édifiée avec nos impôts – pourrait selon certaines sources atteindre le million d’euros ! Ceux qui parlent encore en francs imaginent même que le patrimoine de la direction bicéphale du PS dépasse les dix millions.



Combines et astuces fiscales auront donc permis d’échapper à l’impôt là où d’autres sont taxés sur les plus-values latentes donc sur des sommes qu’ils n’ont pas ou jamais touchées.



Ces gens-là n’ont pas de leçons de comportement et de morale à donner ; ils remettent sur le devant de la scène tout ce qui a écoeuré nos compatriotes au terme de l’ère Mitterrand, une ère où gauche rimait avec caviar, une époque où en dormant vos économies rapportaient 10% par an.



Les français ne seront pas dupes une fois de plus et sanctionneront sans doute à la hauteur qu’ils estimeront juste ces « informations par omission » qui défrayent la chronique.



Pour une fois depuis quelques semaines, Ségolène ne doit pas se sentir « heureuse et vivre un intense moment de bonheur ». La « matronne » du PS eût été mieux inspirée de laisser le champ libre à DSK pour faire gagner la gauche en 2007.



Mais un budget de « com’ » d’une présidentielle, avec les à-côtés, ça ne se refuse pas …
Le couple est détenteur, avec les parents de M. Hollande, d'une SCI, dénommée La Sapinière et rassemblant des actifs immobiliers: une maison à Melle (Deux-Sèvres) appartenant à Mme Royal, une maison à Mougins (Alpes-maritimes) achetée en viager, et un appartement à Boulogne-Billancourt qui appartient aux parents de M. Hollande, selon Me Mignard. En revanche, elle ne comprend pas la maison de l'avenue Duquesne, à Paris, un moment habitée par le couple, car celui-ci ne faisait que la louer.



Mme Royal détaille ainsi son patrimoine:



- "part, pour un montant de 197.800 euros, dans l'appartement familial de 120 M2 à Boulogne-Billancourt acheté en 1990 par emprunts sur 15 ans aujourd'hui remboursés.



- part dans une maison des Alpes Maritimes de 120 M2 achetée avec un plan épargne logement en 1986. Emprunt remboursé. J'en possède une part pour un montant de 108.000 euros en valeur actuelle.



- maison à Melle, dans ma circonscription, de 100 m2 (logement et bureau; mise à disposition gratuite pendant les vacances au bénéfice de l'association Familles sans vacances). 168.000 euros (valeur d'achat), moins 111.024 euros d'emprunt sur 15 ans en cours de remboursement, soit 50.000 euros de patrimoine net".



Aux chapitres actions-obligations, objets de valeur, assurance vie, Mme Royal précise à chaque fois "aucune". Elle déclare enfin être propriétaire d'une Renault Scénic.



Concernant la plainte de M. Hollande, M. Godfrain avait évoqué le 10 janvier l'existence de cette SCI. "En faisant cela, on ne paie pas l'impôt sur la fortune", ajoutait-il, selon La Dépêche du Midi du lendemain.