Ségolène a ses règles
Publié le 16 mars 2007 à 16:59
Jeudi 15 mars, 21h00, dans l’émission politique « A vous de Juger » animée par Arlette Chabot, Ségolène Royal a défini ses axes prioritaires d’action si elle était élue à la tête de l’Etat. Si les médias, presse écrite et audiovisuels en tête, n’ont retenu que les dix premières minutes faute sans doute d’avoir envie de se taper ce « cirque convenu, mis en scène et orchestré » durant deux heures, quelques phrases, sibyllines, ne sont pour autant pas passées aperçues. Analyse et synthèse.
Questionnée sur son éventuelle action à la tête d’un Etat qu’elle entend sacrément bousculer, l’élue socialiste a indiqué qu’il ne fallait pas tout changer, tout le temps. Du coup, elle a clairement et sans ambigüité aucune indiqué qu’elle fixerait, dès son arrivée, des règles pour cinq ans sans que celles-ci puissent être remises en question.
Bref, elle nous prépare une « soupe soviétique » avec une planification quinquennale d’un autre siècle qui serait, si elle devait être servie, particulièrement difficile à digérer.
En effet, dans une France qui se prépare à de profondes mutations, dans un monde qui bouge si vite, figer des choses, quelles qu’elles soient, relève de l’utopie.
Mais personne ne sait si ces règles que Ségolène a … dans sa tête méritent d’être discutées ou analysées.
En revanche, de sa prestation télévisée d’hier au soir, 15 mars 2007, on retiendra plusieurs choses :
• elle a imposé la présence de ses éléphants contrairement à tout ce qui s’est pratiqué jusqu’ici
• elle n’a pas accepté plus de trois ou quatre questions de vrais « faux détracteurs »
• elle a parfaitement joué son rôle sans doute après des heures de répétition avec l’animatrice tant les échanges étaient sans surprise et convenus, comme si l’enjeu ne consistait qu’à faire une subtile et fugace remontée dans les sondages
• elle a enfin égrené des tas de lieux communs sans jamais répondre, ni directement, ni indirectement et donc jamais honnêtement ni sincèrement aux questions qui lui étaient posées
En conclusion, cette complicité de l’audiovisuel public avec la candidate du camp préféré de la chaîne mériterait qu’elle fût sanctionnée par le CSA. Mais il ne faut pas rêver ! Il faudra donc que le soufflé retombe et que les auditeurs et téléspectateurs se fassent, par eux-mêmes, cette opinion qui, de notre côté nous a désolé : elle est incapable de conduire un débat, d’échanger avec des opposants, des vrais. Et donc l’on peut légitimement se demander si elle a vraiment la capacité de diriger.
Un Etat, sans doute pas. Une région, sans doute pas davantage et la sanction tombera, le moment venu …