Et si Marx avait raison ?
Publié le 22 mai 2009 à 09:52
La question, récurrente, se pose.
Et ce n’est ni un hasard, ni une démarche politique ou politicienne mais bel et bien la référence créée par cet économiste, philosophe et sociologue d’une certaine manière qu’il n’est pas inutile de méditer... ... à nouveau, de temps à autres, lorsque l’impression de marcher sur la tête vous envahit, vous ou la perception que vous pouvez avoir de notre société, son fonctionnement et son évolution.
Ainsi, à tous les négationnistes, fussent-ils « couverts » par la papauté, Marx avait raison de dire « celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre ».
De même « ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience », une preuve supplémentaire, s’il en était besoin, de la nécessité de placer l’Homme au cœur de notre Société, une manière aussi de réhabiliter la politique, au sens noble du terme comme la citoyenneté.
Aurait-il pour autant aimé la loi Hadopi ? Assurément car il était certain que « la production capitaliste est hostile à certains secteurs de production intellectuelle, comme l'art et la poésie par exemple ».
Après la crise financière que nous avons vécue et ses conséquences qui, durablement, vont peser sur les pays développés, le philosophe, déclarant « qu’il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme: des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts » apportait déjà la démonstration que ce que nous avons appelé le capitalisme est déjà, depuis longtemps, mort et enterré, tant nous sommes écrasés par les impôts et les charges.
De plus, dans un monde où le doute s’installe, où disparaissent les repères, où peu à peu s’éteignent les grandes valeurs qui l’ont fondé, dire que « la religion est le soupir de la créature accablée, le cœur d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit d'une époque sans esprit. Elle est l'opium du peuple » vient accréditer la lutte nécessaire que mène l’Etat contre le sectarisme, une lutte qu’il convient de renforcer encore davantage après le rapport, « explosif », remis par Georges Fenech, président de la Miviludes, montrant au passage l’importante corrélation entre la quête d’un meilleur épanouissement personnel et l’essor de ces mouvements à la fois dangereux et diffus.
Dans l’un de ses livres, il cloisonnait la vie de l’Homme en affirmant que « le domaine de la liberté commence là où cesse le travail » mais, pour autant, il n’a pas encouragé l’oisiveté et encore moins suggéré les réductions de temps de travail, par la loi, considérant toujours la valeur ajoutée comme créatrice de richesses.
D’ailleurs, dans son livre sur les Fondements de la critique de l'économie politique, ce que certains ont interprété de sa part comme une volonté communiste ou collectiviste parce qu’il considérait que « le travail salarié apparaît comme la négation de la fixité du travail et de sa rémunération ».
Conscient de ses propres limites, il n’hésitait pas à affirmer que « les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer ».
Karl Heinrich Mordechai Marx, né le 5 mai 1818 à Trèves en Rhénanie, d’origine juive, mais converti au protestantisme, il avait conscience déjà, il y a 150 ans environ, des dérives antisémites qui pourraient prospérer, conseillant, sans doute à juste titre : « ne cherchons pas le secret du juif dans sa religion, mais le secret de la religion dans le Juif réel ».
Enfin, et avant de conclure, sa conception de la valeur ajoutée, ô combien intelligente pour autant que celle-ci reflète en effet l’apport, en valeur et en richesse, faite à un produit ou à un service, a sans doute inspiré le ministre de la Relance car l’idée de transférer, pour partie, les prélèvements de cette taxe, la TVA, faits par l’Etat pour que soit faite une relance par l’investissement des collectivités locales, est une décision que ce grand homme eût apprécié, à da juste valeur, dans notre contexte moderne, même si, à l’endroit de la mondialisation, il avait déjà anticipé presque tous les maux dont nous souffrons aujourd’hui, en écrivant, dans son Manifeste du Parti Communiste : « par l'amélioration rapide de tous les instruments de production, par les communications rendues infiniment plus faciles, la bourgeoisie entraîne toutes les nations, jusqu'aux plus barbares, dans le courant de la civilisation. Le bas prix de ses marchandises, est son artillerie lourde, avec laquelle elle rase toutes les murailles de Chine, avec laquelle elle contraint à capituler les barbares xénophobes les plus entêtés. Elle contraint toutes les nations, sous peine de courir à leur perte, à adopter le mode de production bourgeois ; elle les contraint d'importer chez elles ce qui s'appelle la civilisation, autrement dit : elle en fait des nations de bourgeois. En un mot, elle crée un monde à son image »…